Au fait...

Après 413 jours d'errance sur le globe, nous voici de retour à la maison, dans notre bonne vieille France, et la ville la plus belle du monde !

Où sommes-nous ?


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dimanche 17 janvier 2010

Du 31ème jour au 36ème jour...

Salut ! Comme promis, voici le récit trépidant que vous attendez tous de la première partie de mon voyage au Tibet.


1er janvier 2010 : Kathmandu.

Le premier matin de 2010, je me réveille en meilleure forme que la veille ; la journée passe vite, et je ne fais pas grand-chose. Je fais quelques achats, paye un verre d’adieu à Dilé qui est venu me voir à l’hôtel, puis je boucle mon sac. Le départ pour le Tibet est prévu demain matin, rendez-vous à 5h45 à l’agence. J’essaie de me coucher tôt, mais n’arrive pas bien à dormir.



2 janvier 2010 : Kathmandu – Nyalam

Ca commence bien, je ne me réveille que lorsqu’on tambourine à ma porte. Je regarde l’heure, il est 6h15, et je me rends compte que j’aurais dû partir depuis trois quarts d’heure. C’est le mec de l’agence qui frappe à ma porte, il est venu me chercher en moto.

Le temps de sauter dans vêtements et mes chaussures, nous partons en trombe jusqu’au minibus qui nous emmènera à la frontière népalo-tibétaine. Un peu penaud, je fais connaissance avec mes compagnons de voyage, en m’excusant platement.

Il y a là un couple d’allemands, une américaine d’origine indienne et une américaine tout court. Apparemment, je n’étais pas le seul en retard, et ils m’accueillent bien. Nous partons enfin avec une heure de retard, qui m’incombe en grande majorité. Au moins, ils sauront à quoi s’attendre avec moi…

Nous entamons le voyage sur la Friendship Highway (l’autoroute de l’amitié, qui n’a rien d’une autoroute, au demeurant), qui relie Kathmandu à Lhassa, et plus nous nous éloignons de la capitale népalaise, plus les montagnes environnantes apparaissent, majestueuses. Nous grimpons la route sinueuse, parcourue de camions chinois et népalais, en nous arrêtant pour faire une pause petit déjeuner.

Puis c’est bientôt le poste frontière. Des milliers de personnes franchissent à pied le passage, la plupart avec des marchandises sur le dos, qui alimenteront les marchés et magasins du Népal. La frontière est impressionnante, à la méthode chinoise. Il s’agit d’un pont, surmonté d’un immense portique, gardé par de patibulaires militaires chinois. Evidemment, interdit de prendre des photos.

Notre guide fait rapidement les formalités népalaises, puis nous franchissons à pied le pont, et là, côté chinois, c’est une toute autre histoire. Passage aux rayons X des bagages, examen minutieux de mon passeport pendant environ 15 minutes, fouille au corps, re-passage des bagages aux rayons X, puis fouille des sacs. Les douaniers examinent mes livres et mes albums photos (avec grand intérêt) page par page, et conserveront mon Lonely Planet de la Chine, car la carte qu’il contient n’inclut pas Taiwan. J’essaie de négocier un peu, mais rien à faire, ce sont 35€ qui s’arrêteront à l’entrée de l’Empire du Milieu. Nous sommes en Chine, et les autorités sont bien décidées à le faire savoir.

Ouf, nous sommes enfin au Tibet, où nous faisons connaissance avec notre guide local, qui nous accompagnera jusqu’à la fin de notre périple, ainsi que 2 comparses hollandais qui rejoignent notre groupe. Le temps de mettre à l’heure nos montres (le Tibet est à l’heure chinoise, soit un décalage de 2h15 par rapport au Népal !), nous montons dans 2 jeeps, et commençons l’ascension de la route qui nous mènera à Nyalam, en nous frayant tant bien que mal un chemin entre les camions de marchandises et les gens.

Rapidement, nous arrivons au premier des nombreux postes de contrôle qui jalonnent la route, où les militaires examinent avec zèle nos passeports et permis (pour entrer au Tibet, il faut un permis spécial, qui vaut visa pour la Chine également).

La route est parfois en très mauvais état, et bientôt elle est recouverte d’une mince couche de neige. Je comprends mieux l’utilité du 4x4 !

Au détour d’un virage, nous voyons une voiture dans le fossé, ce qui n’est pas franchement pour nous rassurer, et par la même occasion nous pouvons apprécier l’entraide de la population locale. Tout le monde s’arrête pour donner un coup de main, et avec les hollandais, nous mettons également la main à la pâte. Après moult conciliabules, aide d’un chasse-neige et de cordes pas assez solides, nous remettons sur roues le véhicule, et pouvons reprendre notre route. L’ombre couvre les montagnes et la route, et le froid tombe, vif et perçant.

Enfin, nous arrivons dans la petite bourgade de Nyalam, à 3.750 mètres d’altitude, et qui ressemble à une ville de Far West, avec sa rue principale désertique parcourue par des chiens errants, le verglas et le froid en plus.

Nous nous installons dans une guesthouse, où je partagerai une chambre avec les 2 sympathiques hollandais. La nuit sera très froide, et, engoncé dans mon sac de couchage, 2 couvertures par-dessus, mon bonnet sur mes oreilles, me je me rappellerai les moments forts de mon trek au Népal…



3 janvier 2010 : Nyalam – Shigatsé

Le lendemain matin, nous décidons avec le guide de faire route jusqu’à Shigatsé, ce qui nous fait sauter l’étape moins confortable de Lhatsé. Nous partons donc plus tôt que prévu le matin, car la route est rallongée de 3 heures.

Le soleil qui se lève au fur et à mesure de notre ascension, nous fait découvrir les fabuleux paysages de montagnes tibétaines qui jalonneront notre route jusqu’à Lhassa.

Nous franchissons 2 cols à plus de 5.000 m d’altitudes, perchés au milieu de nulle part, seules les montagnes nous entourant…

Puis nous redescendons le long de la Friendship Highway, croisons des locaux (un berger à l’occasion d’une pause au bord de la route, et la patronne du resto du midi, avec son fils).

Nous disons une dernière fois au revoir au Mont Everest, que nous ne verrons plus, et dans les paysages toujours aussi grandioses, nous arrivons enfin à Shigatsé.

L’hôtel est tout se qui a de plus confortable, du style bien construit chinois… je suis seul dans ma chambre, un peu grande pour moi, mais j’apprécie grandement la douche chaude que je m’offre, et les draps blancs dans lesquels je dors bien.



4 janvier 2010 : Shigatsé

Shigatsé, que je visite seul ce matin, profitant d’une demi-journée libre, est la 2ème ville du Tibet. Elle est indubitablement impactée par la présence chinoise, dont la population émigrée a bâti de nombreux commerces, banques, immeubles, bâtiments administratifs gardés par des militaires…

Bref, dans la ville, peu d’âme réelle tibétaine, à part dans le monastère de Tashilumpo, que nous visiterons l’après midi. En fait, la population tibétaine cohabite ici avec la population Han, qui a apporté de nombreuses infrastructures au Tibet, tout en imposant aux nomades de se sédentariser (un moyen de mieux contrôler les gens ?).

Mais le vrai Tibet, on le retrouve dans son peuple, si fort de ses traditions et de sa culture, si dévot également. Intéressants pieds de nez : les fidèles continuent de se prosterner sur l’esplanade très style Tien An Men, comme les chinois les aiment tant, bâtie juste en face du monastère de Tashilumpo, et les gens locaux continuent de discuter, prendre un thé ou déjeuner tranquillement dans les restaurants tibétains. Profiter des infrastructures des chinois, et les ignorer en perpétuant leurs traditions, semblent être les volontés des tibétains.

Après avoir retrouvé le groupe pour déjeuner, nous visitons donc le monastère de Tashilumpo, véritable ville dans la ville, bâti vers 1450 sur ordre du 1er dalaï-lama et qui est le siège des panchen lamas. Les panchen lamas, ce sont des réincarnations d’une forme de Bouddha, et historiquement ce sont les instructeurs des dalaï-lamas. Aujourd’hui, le 11ème panchen lama tibétain est en résidence surveillée, et l’officiel panchen lama a été désigné par les autorités chinoises… on peut d’ailleurs voir sa photo partout, lui qui ne se rend qu’une fois par an à Tashilumpo, et réside le reste du temps dans un palais inaccessible au public, situé en Chine.

Le monastère en lui-même est un immense complexe qui pouvait abriter jusqu’à 5.000 moines, nombre qui est aujourd’hui limité à 700 par Pékin. Les bâtiments sont d’origine, c’est-à-dire qu’ils ont été épargnés par la Révolution culturelle des armées de Mao. En revanche, les richesses intérieures (statues, livres, peintures…) ont largement été pillées ou dégradées à cette période.

Dans le temple de Maitreya, une gigantesque statue représentant le Bouddha du futur, serait sa plus grande représentation en cuivre du monde (plus de 25 mètres de haut !). Vraiment impressionnant, mais ici les photos sont prohibitives (180€ !), donc vous ne verrez pas à quoi ça ressemble !

Autre moment fort de ma visite, le mausolée abritant les cendres de tous les panchen lamas (excepté le 5ème, qui a droit à son propre mausolée, où est enterré son corps). Là encore, les dimensions sont gigantesques, et l’atmosphère de recueillement qui y règne est particulièrement prenante.

Enfin, je finis la visite de la partie « religieuse » du monastère par le temple de l’assemblée, où se dresse le trône du panchen lama, et qui fait face à une sorte d’immense cour, comportant un imposant mat de prière, bordée de pièces où les moines étudient ou font des travaux manuels.

Ensuite, nous redescendons vers la sortie, en parcourant les ruelles bordées d’habitations peintes en blanc, où demeurent les moines.

Nous rentrons ensuite à l’hôtel, allons dîner, puis je vais me coucher dans mon grand lit froid.



5 janvier 2010 : Gyantsé

Le matin, nous reprenons la route, où nous croisons les paysans locaux sur leurs drôles de montures, pour nous rendre à Gyantsé, petite bourgade située à 4.000 mètres d’altitude, à une centaine de kilomètres de Shigatsé.

Après avoir fait connaissance avec notre hôtel, de nouveau de style très chinois, nous déjeunons, et partons vers le monastère de Pelkor Chode. Celui-ci, très bien conservé (lui non plus n’a pas été victime de la Révolution Culturelle), fut construit en 1418, et se voulait être une fédération inhabituelle de plusieurs monastères regroupant différentes sectes.

L’architecture est également singulière, puisqu’elle dévoile des influences népalaises, chinoises et tibétaines, ce qui n’est pas sans rappeler le 1er roi historique du Tibet, Songsten Gampo, qui épousa au VIIème siècle une princesse népalaise, et une chinoise, qui apportèrent le bouddhisme au Tibet.

Cet étonnant mélange architectural est évident dans le Kumbum, stupa monumental composant un mandala en 3 dimensions, et qui comporte 108 (chiffre sacré tibétain) chapelles renfermant des statues de divinités, toutes plus belles les unes que les autres. Je rentre dans chacune des chapelles, de bas en haut, et de gauche à droite, jusqu’à la chapelle du Bouddha primordial, ce qui paraît-il, me permet de parcourir l’intégralité de la voie tantrique, si vous voulez savoir.

Bon, fort de cette expérience, je ne me sens néanmoins pas du tout différent arrivé en haut, et je peux en toute sérénité apprécier la vue superbe sur le fort et la ville de Gyantsé.

A l’intérieur d’un autre bâtiment du monastère, je peux admirer de nombreuses fresques, thangka et statues de divinités magnifiques (qu’il m’est interdit de prendre en photo), dans l’odeur des bougies au beurre de yak qui se consument lentement.

Là encore, la beauté des pièces, la ferveur religieuse des fidèles qui donnent des offrandes aux divinités et les moines qui prient d’une voix monocorde, en tapant sur un tambour, créent une atmosphère des plus envoûtantes…

La visite terminée, nous parcourons à pied le quartier tibétain de la ville, regroupé autour de la rue d’accès au monastère. Ici, c’est très typique, les artisans et commerçants dont les boutiques sont ouvertes sur la rue, reproduisent les mêmes gestes depuis des siècles…

Je décide ensuite de fausser compagnie à mon sympathique groupe, puisque cet après midi est libre. Je monte au fort qui domine la ville, mais celui-ci étant fermé, je ne fais qu’apprécier la belle vue panoramique sur Gyantsé et les montagnes environnantes.

Puis je rentre à l’hôtel, où je rejoins le groupe. Nous allons manger au Yak Restaurant, très sympathique endroit où la carte annonce un bourguignon de yak, des tomates farcies au yak, ou encore du hachis parmentier au yak, tout ça en français, s’il vous plaît. Malheureusement, rien de ces alléchants mets n’est disponible, et je me rabats donc sur le burger de yak avec frites, qui ma foi est un pur délice !

Nous rentrons à l’hôtel nous coucher, car demain nous partons vers notre étape finale, Lhassa, qui est à 7h de route de Gyantsé.



6 janvier 2010 : Gyantsé – Lhassa

La route vers Lhassa est toujours aussi magnifique, les paysages grandioses et diversifiés. Nous passons un premier col à 4.300 mètres, puis la route poursuit son ascension jusqu’au col de Karo-La, à 5.000 mètres, d’où nous avons une vue imprenable sur un superbe glacier, et le Norzing Kansar, montagne qui culmine à quelque 7.200 mètres.

Nous redescendons ensuite vers Nagartsé, où nous déjeunons, puis poursuivons la route le long du magnifique lac de Yamdrok-Tso (le lac Turquoise), aux eaux d’un bleu cristallin. Nous grimpons enfin jusqu’au col de Kamba-La, à 4.800 m d’altitude, qui offre une magnifique vue sur le lac.

Puis la route redescend en lacets jusqu’à la vallée de Lhassa, où nous arrivons en début de soirée. Parcourir la capitale tibétaine en voiture, après avoir vu de si beaux paysages, est quelque peu décevant, puisqu’elle semble être au premier abord une quelconque grande ville chinoise, avec peut-être plus de grands bâtiments officiels qu’ailleurs…

Oui mais voilà, quand la voiture passe devant le palais du Potala, et quand nous arrivons à notre hôtel, situé juste à côté du Jokhang Palace, et que nous sommes entourés de pèlerins qui circulent autour du monument, je me dis que décidemment, la culture tibétaine est d’une rare richesse, et qu’aucune puissance ne pourra jamais détruire.

Notre hôtel est du même acabit que les précédents, mais il est idéalement situé, vraiment à 2 pas du Jokhang Palace. Cependant, ma chambre confortable ne donne pas sur le flot de pèlerins qui marchent jour et nuit en se prosternant.

Une fois mes affaires posées, je sors et vais me mêler seul à ce flux incessant, quelque peu hypnotisé, j’erre autour de Barkhor Market, qui est le quartier commerçant situé autour du Jokhang, et que traversent les tibétains lors de leur pèlerinage autour du monument. Là, au milieu de la foule, la ferveur populaire est au plus intense, des hommes et des femmes de tous âges marchent, en chantonnant, faisant tourner leurs moulins à prières. D’autres tournent autour de l’édifice en se prosternant de tout leur long, se relevant, faisant un pas, et reproduisant les mêmes gestes, jusqu’à faire 3 tours complets du Jokhang.

Devant le palais, ce sont les mêmes postures, cette fois-ci sur place, qui sont effectuées par d’autres fidèles, sous les yeux attentifs de militaires armés jusqu’aux dents, postés sur les toits, ou autour de l’immense esplanade (encore une inspiration Tien An Men) qui fait face au Jokhang.

Je rentre à l’hôtel, un peu grisé, et retrouve le groupe pour aller dîner. Après un repas sympathique, je vais me coucher, car demain notre programme prévoit la visite de 2 monastères situés dans les environs de Lhassa.

mardi 12 janvier 2010

Du 26ème jour au 30ème jour...

Bonjour à tous ! Je suis maintenant en Chine, à Xining, fraîchement débarqué ce matin. Je suis conscient de n’avoir pas mis à jour mon blog depuis un certain temps, mais la raison en est qu’en Chine, l’accès aux blogs est bloqué.
Après le Népal, j’ai passé 10 jours au Tibet.
Mais c’est une autre histoire, qui promis fera l’objet d’un ou plusieurs autres articles. Dans l’immédiat, j’ai décidé de ne pas prendre du retard sur l’écriture du blog, afin que vous puissiez me suivre au plus près. Avec l’aide de mon frère (merci Matthieu), voici donc un article sur la fin de mon trek au Népal.


27 décembre 2009 : Dolé (4.040 m) – Phorsté Thangka (3.680 m)
La journée est assez tranquille, 4h de marche quasiment qu’en descente de Dolé à Phorsté Thangka. Je repasse par les endroits qui étaient si durs à l’aller (ah ! les sacrés « escaliers » !).

Lors de cette sympathique balade, nous avons l’occasion de voir la faune locale, peu farouche : chamois (dont un qui a été appelé par Dilé, et que je peux photographier de très près), et petit rongeur qui n’est aucunement perturbé par mon objectif quand je m’approche de lui.En revanche, nous n’apercevrons pas les « porcs musqués », comme les appelle Dilé, et qui a un peu de mal à m’expliquer de quoi il s’agit.
Nous arrivons donc assez tôt à Phorsté Thangka, et avons le temps de prendre un thé, puis de déjeuner au lodge où nous passerons la nuit. Après manger, nous montons jusqu’au petit village de Phorsté, où nous sommes censés visiter un monastère, qui sera fermé. Qu’importe, le village est très typique, la ballade agréable, et les paysages toujours aussi magnifiques. Puis nous retournons tranquillement au lodge, où nous dînons autour du traditionnel poêle alimenté au bois et à la bouse de yack. Je fais connaissance d’une joyeuse troupe de français, Jean-Luc, Eric, Robert, Maurice et sa fille, tous profs sur l’île de la Réunion, et qui eux montent pour une vingtaine de jours. Maurice est retraité de l’éducation nationale (quoi ? mais on dirait qu’il a 45 ans !), c’est la quinzième fois qu’il vient au Népal, et ses amis sont aussi de sérieux baroudeurs.
Bref, c’est l’occasion pour moi d’avoir une longue discussion intéressante sur la politique, l’éducation, l’île de la Réunion, avec laquelle les compères m’allèchent. Le rendez-vous est pris, dès que je vais là bas, ils me feront découvrir leur contrée !
Enfin, après une agréable journée et une non moins agréable soirée, je vais me coucher.


28 décembre 2009 : Phorsté Thangka (3.680 m) – Namche Bazar (3.450 m)
Nous nous levons vers 7h30, et après le petit déjeuner, nous quittons les joyeux drilles réunionnais pour reprendre notre route vers Namche Bazar. La journée commence par une montée d’une heure et demie jusqu’à 4.000 mètres, où nous nous arrêtons pour prendre un thé bien mérité dans un lodge où j’assiste à des scènes de la vie courante, et photographie les enfants de la famille, puis nous descendons vers Namche Bazar. Là encore, c’est l’occasion de croiser des troupeaux de chamois et de chèvres sauvages, qui vagabondent allègrement dans les pentes, ainsi que des oiseaux. Nous arrivons 2h plus tard à Namche Bazar, au lodge que nous avons occupé lors de la montée. Je retrouve un peu la civilisation, mon téléphone capte de nouveau, et après le déjeuner je vais surfer un peu sur internet, prendre des nouvelles du monde. Et puis, je peux prendre ma 2ème et dernière douche chaude de mon trek, et franchement, elle me fait un bien fou !
Je passe le dîner seul, mais pendant le thé, le patron, son employé et Dilé viennent un peu discuter avec moi. L’ambiance est décontractée, et ils me font goûter leur Everest whisky noyé à l’eau chaude…
La journée a été assez dure, et je sais que demain nous avons une longue route à faire, donc je ne tarde pas à aller me coucher.



29 décembre 2009 : Namche Bazar (3.450 m) – Lukla (2.850 m)
La journée calvaire pour moi, mais qui semble si aisée pour les porteurs…
Nous partons tôt de Namche Bazar, vers 8h, puis entamons la descente (en fait, une alternance de montées et descentes) jusqu’à Phakding, où nous mangeons dans le même lodge qu’à l’aller. Je suis éreinté lorsque nous nous arrêtons, et nous prenons donc le temps de faire une longue pause, sous les yeux du petit Umar, toujours aussi photogénique ! Nous repartons vers 15h, et c’est encore 3h de marche qui nous attendent, en plat ou en montée jusqu’à Lukla. Cette dernière journée m’épuise littéralement, les dernières marches qui montent à Lukla sont un véritable supplice.
Enfin, la salvatrice Lukla arrive, et là je sais que mon trek est enfin terminé. Nous nous posons dans un immense lodge. Lukla est la ville de l’aéroport, et donc possède plus d’infrastructures que les villages situés plus haut. Je vais rapidement sur internet, puis utilise mes presque dernières roupies à payer un verre à Dilé, dans un bar à la décoration, la musique et la carte d’inspiration occidentale. J’ai également l’occasion de faire une partie de billard avec un australien d’origine indienne et après la dure journée de marche, nous passons un agréable moment, grandement mérité.
Nous allons dîner, puis allons nous coucher tôt, car demain, nous prenons l’avion à 7h, heure népalaise, donc Dilé me dit que nous pouvons nous réveiller à 7h !



30 décembre 2009 : Lukla – Kathmandu
Je me lève donc à 7h, et nous arrivons à 7h30 à l’aéroport. Pas de chance, il y a du brouillard à Kathmandu, ce qui retarde les avions. Nous allons donc attendre, dans le froid de l’aéroport, en essayant de nous réchauffer un peu aux premiers rayons de soleil apparus. Finalement, nous partirons à 11h30, après avoir pu apprécier une nouvelle fois la piste d’atterrissage, et observer les touristes attendant, et le ballet des avions déposant des trekkeurs fraîchement arrivés de Kathmandu, et repartant chargés de trekkeurs épuisés comme moi…
Le trajet en avion est toujours aussi impressionnant, et j’envie un peu le pilote, qui fait son aller retour journalier, dans cet environnement grandiose… A l’arrivée sur Kathmandu, je me rends vraiment compte de la pollution qui plombe la ville, le nuage s’étendant sur plusieurs dizaines de kilomètres !
A l’aéroport, Dilé négocie un taxi, puis me dépose à mon hôtel, le Shree Tibet, et je retrouve un appréciable confort que j’avais presque oublié : un vrai lit avec des draps, une douche chaude, de l’électricité (quand il n’y a pas de coupure !), et le wifi du café d’en face qui me permet de mettre à jour mon blog sans bouger de ma chambre !
Je me repose donc un peu, puis Dilé vient me chercher vers 16h. Nous passons à l’agence Tibet International, pour récupérer mon passeport que je leur avais laissé pour avoir mon visa, puis à Trinetra, l’agence du trek, pour faire le point avec Harka. J’ai l’occasion de rencontrer Sunar, le frère de Harka, qui co-gère l’agence. C’est lui qui a été le premier guide népalais formé à l’étranger (en l’occurrence à Chamonix), et il parle un français impeccable. Je passe un agréable moment en leur compagnie, puis nous partons à 3 avec Dilé et un de ses amis, direction la fête de la nouvelle année.
Les népalais ont 2 calendriers, et ils fêtent également la nouvelle année occidentale, avec des festivités sur 4 jours. Là où m’emmène Dilé, c’est à une immense fête organisée par les Gurung, une ethnie composée de villageois issus des montagnes du côté du Manaslu, et dont sont originaires Dilé ainsi que les patrons de son agence. Nous retrouvons 3 autres amis de Dilé, et nous nous baladons vers la scène, où des chanteurs et danseurs traditionnels font leur spectacle devant des nuées de népalais dansants.
Puis nous allons dîner dans un des nombreux stands qui restaurent les fêtards, et celui que choisit Dilé est évidemment tenu par des gens de son village. L’ambiance est très bonne, tout le monde se connaît, et vient saluer Dilé. Nous sommes un peu l’attraction, c’est drôle comme tous les villageois viennent me saluer, me payer un verre, une cigarette…
Je paye le repas pour 6, quelques bières, pour moi ce n’est pas grand-chose, mais pour eux c’est beaucoup ! Une manière de remercier Dilé pour sa gentillesse, son invitation et ses bons soins. Après manger, nous retournons vers la scène, et je m’essaie au pas de danse népalaise… sans grand succès, mais nous rigolons bien.
Puis je décide de laisser les joyeux lurons à leur fête, mais ils ne l’entendent pas ainsi, et me raccompagnent à pied jusqu’à mon hôtel (une demie heure, dans la nuit et le froid), c’est dire le sens de l’hospitalité et la générosité des népalais. Ils me laissent aller me coucher, et vont continuer à faire la fête dans le quartier de Thamel. Dilé veut m’inviter demain midi à goûter au Dal Bhat (le plat traditionnel népalais) chez lui, et j’accepte volontiers.



31 décembre 2009 - Kathmandu
Le dernier jour de l’année 2009, je me réveille donc pas très tôt, avance sur mon blog, vais faire un peu de shopping, fais graver 2 DVD des photos du trek, un pour Dilé, un pour l’agence, puis mon petit guide, qui a l’air d’avoir un peu mal aux cheveux, vient me chercher. Nous prenons un taxi collectif, et entourés de vrais népalais, en majorité des étudiants, nous parcourons les quelques kilomètres qui nous séparent de chez Dilé.
Là bas, je fais connaissance d’une partie de sa famille, qui vit sous le même toit que lui : 2 de ses sœurs, son beau-frère qui est également guide francophone, et ses neveux et nièces.
C’est son beau-frère, qui fut cuisinier lors de treks, qui a préparé le Dal Bhat, et nous nous régalons à 2 avec Dilé, dans sa chambre. Le Dal Bhat, c’est du riz (Bhat en népalais) avec des lentilles (Dal), accompagné de viande (yak, mouton ou poulet, je crois), et de petits légumes. Le tout est fameux, et nous mangeons en dessert un fromage blanc au lait de chèvre, acheté le matin par Dilé. J’apprécie tout ça, en me disant que la viande et le fromage sont chers pour Dilé…
Dilé me parle beaucoup de sa famille, de ses neveux et nièces qui vont à l’école privée, ce qui leur assurera une bonne éducation, dans un pays où les enfants n’ont pas vraiment accès à une école publique de qualité. Mon guide, qui est également chanteur et flutiste, me joue quelques morceaux.
Je passe un après midi très agréable, découvre un peu la vie privée et les coutumes népalaises, dans le chahut des enfants, au demeurant très intelligents et gentils.
Puis Dilé et son beau-frère me raccompagnent jusqu’à l’hôtel, et me laissent passer la soirée du nouvel an en tête à tête avec moi-même. Elle ne sera pas terrible pour moi, puisque bien décidé à ne pas me laisser abattre, je vais dans le Roadhouse Café, celui qui fait des pizzas fameuses au poulet tandoori, et commande donc un cocktail en apéritif, et une succulente pizza.
Je ne sais pas ce qui m’arrive, dès que j’ai bu le cocktail, sueurs froides et vertiges me prennent, je vais me rafraîchir 10 minutes aux toilettes, impossible de bouger. Enfin je me remets un peu, retourne au restaurant où je termine la moitié de ma pizza, et rentre un peu groggy à l’hôtel.
Je m’endors rapidement, et dehors la fête bat son plein…